Derrière le voile de l’oeil céleste (2)

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II. APPARITIONS, POLITIQUE ET GUERRE DU VIETNAM : UN NOUVEAU CENTRE D’ENSEIGNEMENT RELIGIEUX


Ailleurs, au coeur de Saigon, un nouvel organe dit de « la diffusion de la doctrine de la Grande Voie », Cơ Quan Phổ Tông Giáo Lý Đại Đạo (dorénavant CQPTGL) vit cependant le jour en 1965, proposant une révision radicale d’un grand nombre de pratiques caodaïstes et développant sa propre forme « de mysticisme rationalisé » qui a survécu jusqu’à nos jours, et qui correspond à une nouvelle méthode de méditation censée suivre l’enseignement direct de l’esprit de Lao Tseu.


La création de cet organe a été exigée en 1962 lors d’une séance désignant Trần Văn Quế (1902-1984) comme cadre supérieur. Ce dernier, alors professeur de mathématiques à l’université de Saigon, est devenu caodaïste en 1929 (Fig. 1). Il a été appelé par une vision, dans laquelle il aurait vu l’œil gauche du Maître Cao Đài à deux reprises, puis aurait été personnellement invité à faire partie de la « grande voie » (Đại Đạo), ou caodaïsme17. Trần Văn Quế a participé à un certain nombre de mouvements de réunification du caodaïsme après les schismes de 1934. L’historiographie de ces mouvements pourrait débuter par « la coalition de la fleur de lotus » (Liên Hòa Tổng Hội), qui a tenu douze réunions dans les années 1930 en vue d’ouvrir le dialogue entre les branches. Lors de leur séance finale, en 1941, les membres auraient reçu l’avertissement suivant :

 

Si Liên Hòa échoue à réunir les différentes branches, la religion fait face à la désintégration.


Les hauts responsables [de la religion] peuvent subir un destin tragique.18


Ce message a plus tard été interprété comme une prophétie du violent retournement des Français contre le caodaïsme après l’invasion allemande de Paris ; les autorités coloniales pro-Vichy accusèrent les caodaïstes d’envoyer de l’aide financière au prince Cường Ðể, en exil à Tokyo, pour créer une armée révolutionnaire. 

 

Fig. 1. Trần Văn Quế en tenue caodaïste

Trần Văn Quế a été arrêté en 1943 et condamné à vingt ans de prison à Poulo Condor. Il éditera plus tard un mémoire de ses années de détention, dans lequel il avoue que la séparation de sa famille l’a obligé à trouver en lui d’autres ressources et à développer une discipline spirituelle intérieure19. Libéré après le coup de force japonais de mars 1945, il retourna chez lui et constata que sa propriété avait été saisie et que son épouse ainsi que plusieurs de ses enfants étaient morts de famine et d’épuisement durant ses deux ans d’incarcération20. Retournant au sanctuaire du Saint-siège de Tây Ninh, il enseignera la théologie caodaïste et revitalisera la Revue Caodaïque (Cao Đài Giáo Lý), fondée en 1930 par le journaliste Phan Trường Mạnh (env. 1900-1960) et le géomètre Phan Thanh (1898-1952) 21 . Un message médiumnique lui octroya, comme il est de coutume dans le caodaïsme, un nom religieux spécifique : ce sera Huệ Lương, « sagesse du cœur », qu’il emploiera désormais comme nom de plume pour ses publications religieuses. J. Jammes montre que le terme « huệ lương » se compose de « huệ nhăn » et « lương tâm » et se réfère aux capacités extralucides ou de clairvoyance attribuées à Trần Văn Quế. En effet,

Le premier terme [huệ nhăn] fait référence à ‘celui qui possède une acuité visuelle dépassant la limite humaine’. Quelqu’un qui possède cette faculté de huệ nhăn, c’est celui qui voit ce qui existe dans le monde invisible pour les êtres humains. Huệ signifiant ‘sagesse, perfection qui dépasse la limite normale de l’être humain’.22


Trần Văn Quế avouera plus tard espérer à ce moment une vie d’étude théologique alternée de retraites en méditation. Il cita souvent le proverbe vietnamien ci-après :


Cây muốn lặng mà gió chẳng đừng.

Même si l’arbre veut rester immobile, le vent ne cessera pas de souffler.23


La situation tumultueuse de l’époque ne lui a néanmoins pas permis de s’adonner à une vie contemplative. Il fut rapidement appelé en politique en tant que ministre de la Planification nationale (1949-1950), puis ministre de la Recherche et de l’Innovation sous le gouvernement de Nguyễn Văn Tâm (1952-1953), lui-même adepte caodaïste. Une de ses fonctions a ainsi été de renommer les rues de Hanoi, remplaçant des noms français par ceux des héros nationaux vietnamiens24. Durant ses trois années à Hanoi, il travailla également à la diffusion du caodaïsme au Nord – sans réel succès – puis dans le Centre. Il devint en 1956 président du nouvel Organe de missionnaires caodaïstes au centre du Vietnam (Cơ Quan Truyền Giáo Cao Đài Trung Việt)25. À ce moment-là, les Accords de Genève avaient divisé le Vietnam et une période intense de production de textes médiumniques débuta à Ðà Nẵng, menée par le médium Liên Hoa. Ce dernier était réputé pour avoir été un disciple en filiation directe de Ngô Văn Chiêu, le premier adepte du caodaïsme, et celui qui a joué au sein de la branche Chiếu Minh le rôle de médium durant quelques mille neuf cents trente-six séances, durant lesquelles ont été réceptionnés les textes canoniques de la « Bible de l’Ésotérisme caodaïque », le Đại Thừa Chơn Giáo (1950). Cet ouvrage, préfacé par Trần Văn Quế, se présente comme une compilation d’oracles qui révèlent une méthode de méditation selon les principes de la tradition taoïste par le truchement de métaphores ésotériques.


Trần Văn Quế avait participé à un si grand nombre d’organismes caodaïstes, de Saigon à Hanoi en passant par Ðà Nẵng et Tây Ninh, qu’il était en mesure de rassembler des étudiants et des intellectuels pour résoudre le problème des schismes caodaïstes, source de faiblesse politique et en contradiction avec l’esprit de concorde dont se prévalent les oracles caodaïstes. La nouvelle génération qu’il dirigerait vers ce programme de réunification des branches caodaïstes prit le nom de CQPTGL et s’installa à Saigon, dans un immeuble de bureaux acheté dans la rue Cống Quỳnh, à proximité de l’un des plus grands marchés de Saigon (Thái Bình). Mais la structure du nouvel organe n’avait pas encore été décidée. En 1963, la conversion surprise de Đỗ Vạn Lý, revenant de Washington après avoir servi comme ambassadeur de la République du Vietnam, offrit au CQPTGL un second commandant riche de ses années d’expérience en diplomatie, en relations publiques et en militantisme politique.


Connu par ses amis américains sous le nom d’« Anthony D. Vangly », l’ancien ambassadeur Đỗ Vạn Lý (né en 1910) avait acquis une maîtrise en sciences politiques à l’Université de Columbia, une licence en droit à la Sorbonne, et avait également étudié la chimie à Tokyo. Durant la Seconde Guerre mondiale, il y avait exercé en tant que membre de l’armée nationaliste du prince Cường Ðể. À chaque destination, il dirigea des organismes d’étudiants asiatiques, à Paris, Tokyo et New York, soutenant l’autodétermination pour les peuples colonisés. Il endossa le rôle de secrétaire-général de l’Association d’amitié vietnamo-américaine, à New York, incitant ses participants à soutenir la République Démocratique du Vietnam (1946­1950). Se définissant plus tard comme un « perpétuel révolutionnaire » (a lifelong revolutionary)26, Đỗ Vạn Lý s’est progressivement éloigné de la voie choisie par Hồ Chí Minh en 1950, quand celui-ci décida que le gouvernement de Hanoi allait suivre une ligne sino-soviétique plutôt qu’une réelle indépendance du peuple vietnamien. Après une série de longues conversations avec Ngô Đình Diệm (qui vivait alors dans le New Jersey), il a commencé à travailler pour le Pentagone, enseignant le vietnamien et servant d’expert culturel aux conseillers du Département de la Défense qui étaient envoyés à Saigon.


En 1954, il rejoignit le gouvernement de Ngô Đình Diệm aux ministères de l’Information et des Affaires étrangères, participant à la conférence des Nations du Tiers-Monde de Bandung, mettant en place une nouvelle mission diplomatique pour la République du Vietnam en Indonésie. Il fut sept années (1956-1963) Consul Général en Inde. Lorsque le gouvernement de Ngô Đình Diệm montra les signes ostensibles de sa prochaine chute, Đỗ Vạn Lý fut envoyé à Washington pour convaincre le Président Kennedy de ne pas soutenir le coup d’État prévu par une coalition de généraux vietnamiens, le 1er novembre 1963, auquel Ngô Đình Diệm et son frère Ngô Đình Nhu devaient succomber. Trois semaines plus tard, Kennedy lui­même fut assassiné, dans un acte que Đỗ Vạn Lý a interprété comme un « châtiment karmique »27 . Mais la série des massacres, et la perte du seul homme d’État vietnamien qu’il pensait capable de sauver le Vietnam politiquement (par l’appui américain dont il bénéficia un temps), lui fit renoncer à sa vie politique. Il chercha et trouva une consolation dans la prière et commença sa carrière religieuse. Đỗ Vạn Lý vit la première expérience d’un appel du Maître Cao Đài au cours d’une visite à Huỳnh Quang Sắc, nom d’un temple situé en banlieue de Saigon et appartenant au groupe Minh Tân. Selon ses propres termes :

 

Je suis arrivé ici au moment où avait lieu une séance [médiumnique caodaïste ou cơ bút] et je me suis assis au fond de la salle. J’avais vécu à l’étranger durant si longtemps que personne ne pouvait m’identifier. Mais, soudain, j’ai entendu appeler mon nom, une fois, deux fois… Les lumières se faisaient faibles, et d’autres [personnes que moi] ont senti que quelque chose de surnaturel se produisait. J’ai entendu mon nom encore et je me suis montré. Le prêtre m’a dit de m’agenouiller. Je demandais : « Pourquoi devrais-je me mettre à genoux ? » J’avais été aux États-Unis et n’étais plus habitué à ceci. Mais les autres m’ont chuchoté de me mettre à genoux, ce que je fis. Et alors j’ai entendu Dieu la Mère (God the Mother) m’appeler. Elle m’a dit : « Je t’ai envoyé à l’étranger durant de longues années pour étudier la vie, le monde, les organisations. Maintenant tu en as appris assez. Je t’ai fait ramener à la maison, pour servir la foi ».

 

Le récit continue :


Plusieurs jours plus tard, je suis allé à un temple et donc un lieu différent. Et, aussitôt, j’étais de nouveau appelé par Dieu la Mère qui m’a dit : « Tu dois te consacrer à la religion. Tu dois devenir complètement végétarien, pour t’élever aux plus hauts niveaux ». Une semaine plus tard, j’ai été appelé par Dieu le Père (God the Father) par le nom de « Minh Lý » [la raison éclairée]. C’était un nom privé, un nom que seul mon propre père employait à mon égard et que personne d’autres ne connaissait… même ma propre mère ne connaissait pas ce nom. Mais, maintenant, c’est le nom que je porte en religion, le nom que j’emploie en tant que caodaïste.


Le Maître Cao Đài, ou « Dieu le Père » pour reprendre sa terminologie influencée par des années de contact avec le christianisme américain, confia à Đỗ Vạn Lý un poème comme il est de coutume pour chaque nouvelle conversion :


Mấy mươi năm học trường thế sự

Đúng cơ duyên gìn-giữ sơ đồ

Nguyên nhơn chánh giác tìm vô

Chung tay xây đắp qui mô Đạo Trời


Plusieurs décennies durant,

tu as appris les affaires de ce monde.

Maintenant, le temps est venu que tu te rappelles ces plans [d’architecture].

Tu es venu ici parmi les êtres originaux, 

Tu dois construire un nouveau temple de Dieu.28


La première tâche que Đỗ Vạn Lý fit pour le CQPTGL a été de rédiger ses règlements intérieurs, sa charte. Pour cela, il aurait fait l’expérience d’un état d’inspiration religieuse et d’écriture automatique (même s’il n’utilise pas ce terme en anglais et préfère celui d’« inspiration ») :


Lorsqu’il me fut demandé d’écrire les règlements du caodaïsme, je me suis assis avec un bâton d’encens, du papier et un crayon, mais je me suis senti inspiré. Je me serais réveillé à deux heures du matin, et l’air sentait une fleur jaune, et je sus ainsi que Dieu m’encourageait.


Il aurait alors senti ses mains bouger « avec une puissance qui était en elles ». Il est intéressant de noter que ce moment d’inspiration est venu à lui alors qu’il était seul et non pas dans le cadre d’une séance médiumnique collective, signe d’une voie plus individualiste et rationalisée vers laquelle l’organe CQPTGL allait effectivement se diriger les quatre décennies suivantes.


En 1965, au temple Minh Lý des Trois Doctrines (Tam Tông Miếu), Đỗ Vạn Lý posa sur sa tête le papier contenant les règlements du CQPTGL au cours d’une grande cérémonie pour inaugurer le nouvel organe de diffusion, et ceci devant des centaines d’adeptes. À la différence des branches ou des autres organes caodaïstes, le CQPTGL a choisi de ne pas être affilié avec un Saint-Siège ou des branches (chi phái). De même, ses dignitaires ne portent pas de longues robes couleur or, rouge ou turquoise (signes ostensibles d’une division hiérarchique dans le respect du canon originel de Tây Ninh). Le nouvel organe prétend ne pas recruter de convertis ni posséder de rangs hiérarchiques, tous ses membres s’adressant comme « frères » et « sœurs ». En revanche, il offre des stages de méditation pour les adeptes ainsi qu’un enseignement doctrinal, religieux et philosophique, à la fois ésotérique et exotérique.


Ouvrant ses portes en 1965, des séances médiumniques étaient organisées quatre fois par an, produisant le sentiment d’une nouvelle ère de révélations. Selon Đỗ Vạn Lý, les messages reçus par le CQPTGL étaient très riches, et d’un niveau intellectuel très élevé. La plupart des séances étaient publiques, et elles ont attiré les foules. Les intellectuels ont retrouvé la foi, parce que les sessions médiumniques ont été organisées par des personnes qui avaient une culture littéraire élevée. Le médium principal était une fille de sept ans, Hoàng Mai, qui recevait la plupart des messages par l’écriture automatique. Parfois elle parlait. Quand elle recevait un message parlé [qui transitait par sa bouche], sa voix était très différente de la normale. Les tonalités étaient distinctes et d’une plus grande résonance [comme celle d’un adulte]. Elle était d’une famille « sainte » (sanctified family), une caodaïste de troisième génération29 . Nous avons édité plusieurs volumes de nos messages, juste comme la Bible. Ils incluent non seulement des messages de Cao Đài mais également de Maitreya, le Bouddha du futur, de Lao Tseu, et de beaucoup d’autres esprits importants. Les séances m’ont transporté et m’ont donné la foi. C’était une réelle excitation d’être en conversation avec Dieu.30

 

Le type de méditation en vigueur au CQPTGL était enseigné lors d’ateliers ou de stages de formation durant lesquels des disciples devaient représenter leurs bonnes et mauvaises actions sur un graphique. Par cette méthode originale désignée par la formule ésotérique vô ngã kiểm (« recensement du non-moi »), les praticiens pouvaient visualiser leurs progrès personnels et les efforts à fournir sur le chemin de la pureté intérieure31 .

 

La situation politique à Saigon, du temps de l’intervention militaire américaine, semble également trouver écho dans certains messages médiumniques. En 1965, Lê Văn Duyệt, le héros militaire méridional du début du XIXe siècle, sous la dynastie des Nguyễn, devint l’esprit qui proclama officiellement la création du CQPTGL sur son territoire de Gia Định. La même année, son mausolée fut rénové par le gouvernement vietnamien du Sud, et son image est apparue sur la monnaie locale (le billet de cent đồng). Au cours d’une séance au CQPTGL, « saint » (thánh) Lê Văn Duyệt « a été promu » par le Maître Cao Đài au rang de Đại Tiên (« Grand immortel »). Toutes ces activités autour de la valorisation de l’image de Lê Văn Duyệt s’inscrivent dans un processus de « vietnamisation » des panthéons du caodaïsme et de la Nation, lesquels soulignent à ce moment les éléments indigènes et les héros locaux au détriment des anciennes figures de la tradition chinoise. Au même moment, le tombeau de Lê Văn Duyệt devient un lieu de pèlerinage pour les personnes blessées, déplacées ou traumatisées par la guerre, trouvant également sur sa tombe l’espoir d’une cure miraculeuse.


Un certain nombre d’autres personnalités religieuses importantes au Vietnam ont été incorporées au panthéon caodaïste. Des messages reçus au CQPTGL ont laissé une place parmi les immortels au père de Đỗ Vạn Lý, Đỗ Thuần Hậu (1883-1967), qui avait fondé sa propre école de méditation dans une tradition ésotérique inspirée du taoïsme et du bouddhisme, mais intégrant également une vision occultiste. Cette méthode (pháp lý) de méditation dite de « non-agir » (vô vi) lui aurait en effet permis, comme l’écrit J. Jammes, de se mettre en communication avec les Bouddha pour apprendre la voie ésotérique. [Mais] Ses différences d’appréciation sur la place de la méditation dans la pratique religieuse l’excluent du corps sacerdotal caodaïste. De nombreux ouvrages expliquent dans un vocabulaire aussi ésotérique que leur objet, cette méthode de méditation.32


L’aspect programmatique de cette méthode amène son fondateur à parler de « science ésotérique de la méthode pratique du vô vi » (pháp lý vô vi khoa học huyền bí).


Đỗ Thuần Hậu mourant, Đỗ Vạn Lý, son unique fils, aurait reçu un message médiumnique de Diêu Trì Kim Mẫu – la reine céleste taoïste que Đỗ Vạn Lý appelle « Dieu la Mère » dans les extraits ci-dessus – lui prescrivant un remède à base d’eau bénite qu’il apporta à son père. Ce dernier aurait vécu une semaine de plus, puis succomba, finalement, à l’âge de quatre-vingt-six ans. La consommation d’eau bénite sur le lit de mort a été interprétée comme un type d’extrême-onction garantissant le salut de son âme et la place de Đỗ Thuần Hậu au sein du caodaïsme (de manière posthume, car Đỗ Thuần Hậu n’adhéra pas à la religion de son fils). Plus tard, un message médiumnique indiqua que le père de Đỗ Vạn Lý avait reçu de manière posthume le titre de « moine talismanique » (Huyền Pháp Đạo Nhơn), qui l’autorisait à recevoir et exhausser des prières ainsi qu’à « offrir des bénédictions » (fabriquer des talismans protecteurs) depuis l’au-delà.

 

Les caodaïstes n’ont cependant pas essayé de convertir les soldats américains et n’ont pas invité les conseillers américains à assister aux séances, comme leurs prédécesseurs avaient fait avec les fonctionnaires coloniaux français, lesquels avaient un intérêt pour le taoïsme ou la franc-maçonnerie. Đỗ Vạn Lý me confia que la plupart de ses amis américains n’avaient réellement aucune idée du prosélytisme qui l’animait lorsqu’il allait visiter avec eux les villages du delta du Mékong :


Après que Dieu m’ait appelé, je me suis uniquement occupé du CQPTGL. J’ai renoncé à mon travail en politique et en diplomatie33. Mes amis américains ne pouvaient pas le comprendre. Ils me disaient : « Les caodaïstes doivent vous payer beaucoup parce que vous travaillez tellement durement ». Mais, naturellement, je ne touchais aucun salaire. Et j’ai dû respecter un régime vég&e